Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe

Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe est la troisième fable du Livre II situé dans le Premier Recueil des Fables de La Fontaine, publié en 1668.

Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe
Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe – Grandville

Un Loup disait qu’on l’avait volé :
Un Renard, son voisin, d’assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le Singe il fut plaidé,
Non point par avocats, mais par chaque partie,
Thémis n’avait point travaillé,
De mémoire de singe, à fait plus embrouillé.
Le magistrat suait en son lit de justice.
Après qu’on eut bien contesté,
Répliqué, crié, tempêté,
Le juge, instruit de leur malice,
Leur dit : « Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l’amende :
Car toi, Loup, tu te plains, quoiqu’on ne t’ait rien pris ;
Et toi, Renard, as pris ce que l’on te demande. »
Le juge prétendait qu’à tort et à travers
On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

Jean de La FontaineLes fables de La Fontaine, Livre II